À l’heure où l’innovation technologique et l’entrepreneuriat attirent un nombre croissant d’investisseurs, les escrocs n’hésitent plus à exploiter l’engouement pour les startups. Derrière des promesses de croissance rapide, de rentabilité élevée et d’opportunités “réservées à quelques initiés”, se cachent parfois des arnaques bien organisées. Ces fausses startups, créées de toutes pièces ou fondées sur des projets inexistants, ont pour seul objectif de soutirer de l’argent aux particuliers et aux investisseurs non avertis.
1. Des projets séduisants… mais fictifs.
Les escroqueries aux fausses startups commencent souvent par une communication bien pensée. Les fraudeurs présentent un projet innovant – souvent dans des domaines à la mode comme la fintech, la santé connectée, l’intelligence artificielle ou l’écologie. Ils utilisent des sites web professionnels, des présentations PowerPoint impressionnantes et des profils LinkedIn convaincants pour crédibiliser leur initiative.
Des influenceurs ou des “partenaires stratégiques” fictifs sont parfois ajoutés à la mise en scène pour renforcer la légitimité du projet. Les rendements promis sont très attractifs, souvent entre 15 % et 25 % par an, sous couvert d’un produit en phase de pré-commercialisation ou de levée de fonds.
2. Des techniques de manipulation bien rodées.
Pour inciter à l’investissement, les escrocs jouent sur plusieurs leviers psychologiques : la rareté (“il ne reste que quelques places”), l’urgence (“la clôture de la levée est imminente”) et la peur de rater une opportunité (“d’autres investisseurs ont déjà saisi leur chance”).
Une fois l’investissement effectué, ils peuvent simuler un suivi de projet avec des rapports fictifs, des newsletters rassurantes, voire des bilans de performance mensongers. Certains vont jusqu’à organiser de faux événements ou réunions en ligne pour entretenir l’illusion.
3. Quand les signaux d’alerte sont ignorés.
Dans la majorité des cas, aucun produit n’est réellement en développement, aucune équipe technique n’est mobilisée, et les fonds collectés sont directement détournés. Les victimes s’en rendent compte trop tard, souvent au moment de tenter de retirer leur investissement ou lors d’une tentative de revente de leurs parts.
Les informations juridiques sur la société sont souvent floues ou impossibles à vérifier. Le siège social n’existe pas, les fondateurs sont introuvables, ou les documents fournis sont falsifiés. La vigilance sur ces éléments est pourtant cruciale.
4. Qui sont les cibles de ces arnaques ?
Contrairement aux idées reçues, ces escroqueries ne visent pas uniquement les particuliers inexpérimentés. De nombreux profils sont ciblés : cadres, professions libérales, retraités disposant d’une épargne, voire jeunes actifs intéressés par l’investissement alternatif.
La digitalisation des placements, la montée des plateformes d’investissement en ligne et la démultiplication des offres “exclusives” ont rendu ces arnaques plus faciles à diffuser à grande échelle.
Conclusion.
L’investissement dans les startups peut être une aventure passionnante et potentiellement lucrative. Toutefois, il est aussi devenu un terrain de chasse idéal pour les escrocs. Ces derniers savent habilement créer l’illusion de projets prometteurs afin de manipuler les investisseurs.
Avant de placer des fonds dans une startup, il est essentiel de vérifier la légitimité du projet, la transparence des dirigeants, l’existence légale de l’entreprise et la clarté du modèle économique. Toute promesse de rentabilité rapide et sans risque doit être considérée avec suspicion.
Face à ces arnaques, la prudence, l’esprit critique et la vérification des sources demeurent les meilleurs outils de protection. Et lorsqu’un doute subsiste, consulter un professionnel ou une autorité de régulation peut éviter bien des déconvenues.

